Mes Betty's

My wee blog!

16 mars 2009

Le soleil des Scorta - Laurent Gaudé

guad_Présentation de l'éditeur (Actes Sud)
Sous le soleil écrasant du Sud italien, le sang des Scorta transmet, de père en fils, l'orgueil indomptable, la démence et la rage de vivre de ceux qui, seuls, défient un destin retors.
Un homme avance sur sa mule dans un paysage pétrifié de chaleur, sous l'implacable soleil des Pouilles, en direction du minuscule village de Montepuccio, où il vient assouvir, au risque d'y perdre la vie, son désir et sa vengeance. Ses fautes de jeunesse - vols, violences, crimes de toutes sortes -, il les a payées de dix-sept ans de prison. Désormais libre, il entend bien, de gré ou de force, faire sienne une femme que dans sa jeunesse il convoitait.
De cette vengeance - on pourrait même dire : de cette scène primitive - va surgir la lignée des Scorta, une famille de "pouilleux" marqués par l'opprobre et la faute originelle, mais qui peu à peu, sur quatre générations, parvient à subsister, à planter ses racines dans un sol fruste, à saisir sa chance, transmettre ses valeurs et s'accorder aux beautés de sa terre natale .
Car ce roman puissamment sudiste et solaire n'est nullement, au sens où on l'entend couramment, une "saga familiale". Marqué par la force de la parole, par la sincérité des personnages, par l'humilité et l'obstination des gens simples, par la recherche et la connaissance des joies élémentaires, le nouveau livre de Laurent Gaudé entrelace les destins comme les voix d'un hymne étincelant d'humanisme.

Très beau (petit) roman constitué d'anecdotes.

Je continue avec le thème de l'Italie ( je manque certainement d'un peu de soleil mais il arrive) et ces deux lectures m'en ont apporté coup sur coup. C'est un roman très court qui retrace l'histoire d'une lignée "maudite" , où chaque génération doit s'affirmer à force d'énergie et d'éternel recommencement. Ils n'héritent que de poussière et de terres arides qu'ils aiment profondément. L'auteur arrive en quelques mots à créer une atmosphère tantôt lourde , brulante tantôt joyeuse et ensoleillée.

Je découvre un auteur qui a reçu de nombreuses récompenses. To be continued...

Posté par tibets à 10:45 - FRANCE - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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10 novembre 2008

Le livre des pères - Miklos VAMOS

vamosPrésentation de l'éditeur (Denoël)
Le Livre des pères s'ouvre sur l'éclipse solaire de 1706, aperçue dans la campagne hongroise par le jeune Cornelius Csillag alors qu'il erre, orphelin, aux abords de son village en ruine. Des décennies plus tard, à l'instar de ce lointain aïeul dont il ignore tout, Henryk Csillag observe une autre éclipse : celle qui, au mois d'août 1999, vient obscurcir le ciel des Etats-Unis. Entre ces deux événements astronomiques, trois siècles se sont écoulés, et douze générations de Csillag se sont succédé. Un fil conducteur les unit : le Livre des pères, un recueil dans lequel chacun des aînés mâles a consigné son récit de vie et les visions qu'il a héritées de ses ancêtres. De l'insurrection contre les Habsbourg à nos jours, en passant par la Première Guerre mondiale, les pogroms, les conversions, les catastrophes naturelles, l'Holocauste, l'Etat socialiste... chacun des douze chapitres de ce Livre, toujours inscrit dans la mémoire familiale grâce aux dons de voyance des aînés, nous entraîne à travers l'histoire de cette lignée, qui est celle de la Hongrie tout entière.

La transmission est au coeur de cette fresque historique qui s'étend sur 12 générations...  Les aînés, héritiers du don de voyance, peuvent à la fois rester liés à leurs ancêtres mais aussi connaître leur avenir, s'ils parviennent à le déchiffrer. Ce don sera progressivement renié, nié , après l'horreur de la Shoah, laissant les derniers descendants orphelins de la mémoire familiale.

D'honnête facture, très classique dans les thèmes et l'écriture ( à mille lieues de Middlesex par exemple), ce roman permet de découvrir l'histoire de la Hongrie. Les Csillag/Sternovski/Stern sont marqués  par autant de changements de noms que de tragédies. Hongrois, ils sont sous la férule autrichienne jusqu'à la première guerre mondiale puis sous le joug communiste après la deuxième. Devenus juifs par alliance, ils subissent les aléas des différentes politiques antisémites à travers les âges.

Un bémol : il manque réellement de notes du traducteur dans ce livre. Si quelques références culturelles et historiques avaient pu être explicitées , voire quelques jeux de mots intraduisibles ainsi que les formules en yiddish et en russe, la lecture y aurait gagnée en clarté. 

FRAC sur l'agora des livres

Posté par tibets à 06:28 - HONGRIE - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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25 juillet 2008

Terres noires, terres blanches / Andrew McGAHAN

mcgahanPrésentation de l'éditeur (Actes Sud)
William, dix ans, vient de perdre son père dans l'embrasement d'un champ de blé. Un vieil oncle leur propose, à lui et sa mère en permanence sous antidépresseurs, de venir habiter une demeure décrépite : Kuran Station. John McIvor n'agit pas ainsi par compassion mais cherche à transmettre sa passion, sa folie pour le lieu, veut à tout prix un héritier auquel offrir domaine et savoir. William, au début perdu dans ces murs sans vie, entourés par la brousse, va se laisser impressionner, entendre le discours qui lui parle d'âme de la terre, d'amour pour un paysage, de défense des intérêts des fermiers blancs contre une loi qui doit permettre aux Aborigènes de récupérer des droits de propriété. D'étranges hallucinations hantent William... Fantômes ? réalité ? Et voilà que resurgit Ruth, la fille bannie de John McIvor, qui elle aussi va totalement perturber le jeune William, tandis qu'une bizarre odeur de pourriture plane... Construit sur un superbe balancement entre passé et présent, gagnant en puissance et en chaleur insoutenable,  plus qu'une saga familiale, Andrew McGahan a su faire un récit politisé, très contemporain, un récit halluciné aussi avec ses créatures terrifiantes rôdant dans la brousse.

Un roman difficile , aride, embrasé comme les plaines qu'il décrit.

Comme beaucoup de sagas, Terres noires, Terres blanches commence lentement pour finir en boulet de canon.  L'auteur prend son temps pour installer "le" personnage principal : Kuran (le domaine), objet de toutes les convoitises humaines. Ceux qui apprécient les descriptions de décors somptueux seront servis, dans un premier temps au moins! On alterne entre la vision historique de l'oncle, biaisée par son nationalisme, celle fantasmagorique de l'enfant et celle revencharde de Ruth.  C'est comme si un piège s'était refermé sur moi, puisant dans tous les ingrédients d'une bonne saga pour m'empêcher de dormir avant d'avoir su le fin mot de toutes ses sombres histoires qui entourent la possession du domaine...

C'est une manière de découvrir l'Australie sous un autre angle, plus politique.  A qui appartient cette terre? Comment organiser le 'pardon' et rétablir les droits de chacun? On reconstitue petit bout par petit bout l'histoire de ce territoire : aborigène , colonisé, abandonné, repris en main, puis réclamé par l'intermédiaire des nouvelles lois de "réparation".

Sur le forum des Rats de bibliothèque.
Un polar du même auteur : Derniers verres chez Le blog des Livres dont la conclusion  s'applique aussi pour Terres noires, Terres blanches.

Posté par tibets à 06:41 - AUSTRALIE - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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02 juillet 2008

Le Royaume interdit - Rose TREMAIN

leroyRésumé 4e de couverture (Le Livre de Poche)
A six ans, tandis que l'Angleterre s'incline devant le roi George VI décédé, Mary Ward, fille d'un fermier du Suffolk, comprend que, malgré les apparences, elle n'est pas une petite fille. Dès lors, elle s'efforcera de devenir Martin, un garçon hardi, tendre et viril.
Au fil des années, nous la verrons poursuivre son rêve, du Suffolk à Londres, de l'Angleterre des Beatles à l'Amérique profonde. Rêve impossible ? Peut-être. Mais ceux qui l'entourent, de sa grand-mère, morte en planeur, à Walter, le garçon boucher qui veut devenir chanteur de country, ne sont-ils pas eux aussi à la recherche de leur royaume interdit ?

Un vrai coup de coeur pour cette histoire très attachante.

J'avais pris ce livre à cause du résumé et de sa ressemblance avec Middlesex de Jeffrey Eugenides que j'avais adoré. Un des points communs est  justement l'utilisation du symbole de  "Middlesex", ville des Etats-Unis et quartier de Londres où habitent Cal (chez Eugenides) et le chirurgien de Mary/Martin (chez Tremain). On peut faire de multiples comparaisons entre les deux même si Middlesex est infiniment plus complexe avec les thèmes mélés de l'hermaphrodisme , de l'immigration , du secret de famille et de l'Histoire. Pourtant Le Royaume Interdit , s'il n'est pas aussi foisonnant, ressemble lui aussi à une petite saga.  C'est  non seulement une histoire de transexualité, de recherche d'identité, de relations familiales tendues mais aussi une évocation des 30 Glorieuses où l'on voit l'Angleterre passer d'une société d'après-guerre rurale, paysanne à une société thatcherienne, industrialisée, citadine.

C'est le genre de livre qui commence doucement , on rencontre les différents protagonistes, on se fond dans cette ambiance un peu particulière (dans tous les sens du terme car tous les personnages ont leur grain de folie), puis sans s'en rendre compte , les pages défilent , et on est déjà au bout des 400 pages , complétement ensorcelée.

Lu pour le challenge abc : 6/26

Cuné l'a aussi aimé.

Posté par tibets à 06:10 - GRANDE-BRETAGNE - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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