23 février 2009
La voix du violon - Andrea Camilleri
Pocket Résumé
"Quand c'est pas le jour c'est pas le jour". Voilà les termes du truculent commissaire Salvo Montalbano de Vigata, Sicile, quand Gallo, son chauffeur qui se prend pour Fangio, entre en collision avec une Twingo mal garée. L'accident va entraîner indirectement une macabre découverte : le corps nu de Michela Licalzi, une jeune femme assassinée dans une villa à la limite de la zone officielle du commissaire. Montalbano va devoir mener une enquête complexe, affronter l'hostilité des institutions et les théories d'un collègue plutôt concurrent, tout en devant répondre à la question du mariage à sa compagne Livia, et en étant fort ému par une belle amie de la victime... Comme d'habitude, il prendra quelques libertés avec la légalité pour faire apparaître la vérité.
C'était une de mes envies de la fin d'année dernière : découvrir Montalbano & Camilleri.
C'est une agréable parenthèse, pleine de Sud , de soleil et d'odeurs de cuisine. Montalbano peut résoudre des crimes passionnels des plus conventionnels autant que des affaires mafieuses. Je viens de finir L'excursion à Tindari autour du traffic d'organe, par exemple.
Agréable parenthèse encore pour la simplicité des enquêtes, leur quiétude presque (allez , ce n'est pas courant de résoudre des enquêtes assis sur une branche d'olivier) et la sympathie des personnages.
Dernier point sur la langue. Dès le début , le traducteur nous raconte la langue de Camilleri faite de sicilien, d'italien et d'invention. Je commence à avoir l'habitude de lire des livres écrits en langue oralisée (thanks to the Scottish accent qui est souvent retranscrit tel quel , chez Brookmyre ou Irvine Welsh par exemple.) Ca donne un petit peu plus de chaleur & de musicalité de lire à haute voix dans sa tête avec un accent qu'on recrée.
Kesalul m'a persuadé de me laisser tenter... et d'autres?
27 octobre 2008
Battement d'ailes - Milena AGUS
Présentation de l'éditeur (Liana Levi)
Un lieu enchanteur en Sardaigne. Sur la colline qui domine la mer, au milieu des terres arrachées au maquis, se tient la maison de Madame, dernier bastion de résistance aux barres à touristes. Seule, décalée dans ses robes bizarres cousues main et dans son naïf refus de l'argent, Madame n'est pas conforme. Quand la nervosité la gagne, que malgré les rites magiques le grand amour se dérobe, elle dévale les deux cents mètres du chemin escarpé jusqu'à la plage et nage vers le large. Madame dérange, mais pas sa jeune et fantasque amie de quatorze ans, pas le grand-père moqueur, ni le fils aîné des voisins, trompettiste incompris des siens. Eux savent...
Ce n'est vraiment pas le genre de livre que j'ai l'habitude de prendre mais ma bibliothécaire étant très enthousiaste , je me suis laissée tenter. J'ai eu l'impression d'entrer dans une bulle, hors du temps. Car j'ai bien apprécié ce petit interlude de 150 pages.
L'adolescente dresse dans son journal intime (avec quelques maladresses parfois) le portrait de Madame , qui fascine tout le village. Simple, sans éducation , libre, à la recherche de l'amour ... On ressent une vraie tendresse pour elle, malgré son trop-plein de gentillesse et ses excentricités. Puis , en filigranes, c'est toute la vie de ce coin de paradis qui transparait : le premier amour de la jeune adolescente, le grand-père bougon mais amoureux, le père ange-gardien, les joies et les hypocrisies du voisinage.
Au delà de l'histoire, il faut retenir l'atmosphère. Pour le lecteur aussi, ce petit village de Sardaigne est un hâvre de paix, de verdure et d'air pur (oh là , je me mets à parler comme mes élèves !).
Biblioblog et Papillon convaincues. Mal de Pierre, son premier roman, a largement été commenté lui aussi.
29 septembre 2008
Phalange armée - Carlo LUCARELLI
Résumé (Gallimard)
Qu’est-ce qui est le plus dangereux pour l’État italien ? Les Phalanges armées qui veulent restaurer les valeurs de l’Occident chrétien grâce à une bande d’allumés aux crânes rasés, ou la stupidité du seul flic qui s’attaque à elles ? C’est assurément l’inspecteur Coliandro le plus redoutable, mais sa navrante incompétence alliée à sa consternante vantardise finissent par décourager le mal à défaut de le vaincre. Pas la moindre trace de grandeur chez l’inspecteur Coliandro, simplement une bêtise et une obstination si humaines qu’elles finissent par forcer la compassion.
Avez-vous déjà aimé un roman dont le "héros" est détestable? C'est assez bizarre comme impression ... Il n'y a vraiment rien à rattraper chez Coliandro, symbole absolu du bof de base. Misogyne, vantard, méchant, gras, il aime le tuning, Rambo et les armes. N'en jetez plus , l'homme parfait n'existe pas. Par contre, c'est amusant de se moquer de lui et de sa bêtise.
L'intrigue est simple, courte, nerveuse. Elle nous entraine à la poursuite de bandits bien plus affreux que ce "couillon" de Coliandro, comme on se prive pas de lui faire remarquer. Totalement incompétent, il se retrouve à la botte d'une punk , bien gentille de l'aider à mener son enquête quand les groupes néo-nazis se déchainent, et pas seulement dans les stades de foot.
Un portrait de Lucarelli sur arte avec des idées de polars méditérannéens. J'avais lu Almost Blue, que je vous conseille vivement et j'ai toujours Guernica en ligne de mire... Phalange armée est son premier roman, agréable sans être encore marquant.
18 juin 2008
Almost Blue - Carlo Lucarelli
Présentation de l'éditeur (Gallimard La noire)
Simon, l'aveugle, " sent " et scrute la vie de Bologne la nuit, reconstituant sa propre géographie du monde à travers les scanners sur lesquels il est branché : taxis de nuit, voitures de police, CB de routiers, téléphones portables. Il reconnaît les voix, attribue à chacune une personnalité, une couleur : une voix douce et chaude sera bleue, une voix acre et rude rouge, etc. Grazia, une jeune inspectrice, enquête sur des crimes en série qui sèment la panique à Bologne. L'assassin opère dans le milieu étudiant. Il est insaisissable : il tue ses victimes chez elles, les laisse entièrement nues et horriblement mutilées. Mais l'ordinateur révèle que chaque nouvelle victime dont la mort remonte à plusieurs mois ou à plusieurs années est en fait la même que la précédente. La jeune femme comprend que l'assassin est un loup-garou, un " iguane " qui chaque fois prend la peau de sa dernière victime... En dépit de ses transformations, une seule personne dans la ville est capable d'identifier l'iguane à la voix verte : Simon l'aveugle...
Après un livre qui m'a marqué, j'ai préféré choisir un roman d'un style tout à fait différent, dont je n'attendais pas grand chose... Stratégie payante : une lecture agréable!
Pour ceux qui connaissent, ça ressemble beaucoup à du Thilliez (même si c'est plus vieux et un petit peu mieux écrit) : une enquête avec tous les moyens modernes de police à disposition, une inspectrice dans le rôle principal, des crimes sordides avec un meurtrier psychologiquement atteint, des détails un peu gore et un espace bien identifié ( Lille pour Thilliez, Bologne pour Lucarelli). Sans compter l'étrangeté d'une perception différente, toute en couleur, avec Simon l'aveugle.
Un polar sans prétention avec une très bonne intrigue , du suspense, un peu de frissons!
Carlo Lucarelli a aussi écrit des polars plus historiques : Guernica et Phalange armée qui me tentent vraiment!

