30 octobre 2009
L'affaire Jennifer Jones, Anne Cassidy
4è de couverture ( Milan Macadam)
Trois enfants partirent jouer en lisière de la forêt. Seuls deux revinrent. Alice Tully sait exactement ce qui s’est passé ce jour-là, six ans auparavant. Bien que la réalité soit encore dure à accepter, jamais elle ne pourra l’oublier. Elle essaie pourtant de mener une vie normale — elle a un travail, des amis et un petit copain qu’elle adore. Elle tâche d’avancer, laissant son passé derrière elle, enfin. Mais ce passé est dangereux, violent, triste… Et il est sur le point de bouleverser sa vie, une fois de plus.
C'est vraiment une histoire très particulière qui se joue là et heureusement , écrite toute en nuance et retenue. Si on lit bien la 4è de couverture, on sait déjà qui est Alice. C'est le seul bémol que j'ai trouvé au roman : l'auteur passe trop de temps (à mon goût) à monter ce 'cliff-hanger' vraiment téléphoné. L'important n'est pas de savoir qui se cache derrière la jeune ado de 17 ans mais de savoir pourquoi elle a commis l'irréparable et comment elle vit avec.
Deux temps donc : le présent et le passé , 2 personnes, Jennifer Jones et Alice Tully. Il y a tellement de thèmes graves, durs, complexes, rarement traités, qui sont développés dans ce roman : par où commencer sans trop en dévoiler... Je ne suis pas sûre que toutes les réponses soient données mais des pistes sont évoquées. A chacun de se faire une idée : quelle part pour la personnalité, quelle part pour l'environnement et surtout quelle part de responsabilité à la mère? Voilà pour les questions relatives au passé... Quant à son présent , il est rempli d'interrogations lui aussi, autour du pardon principalement.
Troublant...
Un excellent billet chez Alwenn de Fabula Bovarya qui pose bien toutes les questions.
27 septembre 2009
Divorce , Jack ; Colin BATEMAN
Résumé Série Noire
Dan aime bien sa femme Patricia mais l'amour n'a jamais empêché les sentiments et Dan craque un soir pour Margaret, qui est assassinée le soir même...
Est-ce à cause de sa liaison avec Dan ? Est-ce L'I.R.A. ? Un groupe d'extrémistes protestants ? Un amoureux jaloux ?
Il ne reste plus à Dan qu'à courir très vite pour sauver son mariage et sa peau. Mais à Belfast, c'est entre les bombes qu'on cavale.
Encore Belfast ! Où ses auteurs trouvent-ils les trésors d'humour noir qu'ils déploient pour nous la faire vivre?
Divorce, Jack est une course-poursuite passionnante entre divers extrémistes et Dan le journaliste, bourreau des coeurs, sur fond de campagne politique. Dan, plume acérée, toujours le mot pour rire, est un personnage à la Sam Tyler (pour ceux qui ont vu Life on Mars) : complètement décalé, très , très imparfait, mais très juste. Il est le plus à même d'observer tous les travers de la vie , de la sienne d'abord , plutôt mal en point mais aussi et surtout, de la vie politique de son pays.
28 août 2009
L'appel des morts, Ian Rankin
Présentation de l'éditeur (amazon) Publié sous le titre The naming of the Dead, épisode 16 sur 17
A huit jours du G8 de juillet 2005, Edimbourg est sur les dents: on a déployé des forces de police considérables pour contenir les milliers de manifestants qui sont attendus. À l'occasion d'un dîner officiel au château, un député tombe des remparts. Accident, suicide, meurtre? Quoi qu'il en soit, cela fait désordre, et la Special Branch exige que l'on étouffe l'affaire: le G8 doit être une réussite. Bien entendu, l'inspecteur Rebus ne l'entend pas de cette oreille. Au même moment, trois violeurs récemment sortis de prison sont sauvagement assassinés. Rebus et sa collègue Siobhan poursuivent l'enquête qu'on leur a pourtant enjoint de mettre entre parenthèses, le temps du sommet. Décidément, plus il approche de la retraite, plus Rebus se montre intraitable. Alors que les premiers "Rebus" mettaient l'accent sur la ville et l'histoire d'Édimbourg, L'Appel des morts aborde ouvertement la question de la mondialisation.
Il faudrait faire un swap : détective mélomane mélancolique, en proie au doute et à l'alcool ... Il y aurait du choix et du très bon (mmm Mario Conde, Laidlaw, Rebus entre autres) et je pourrais en découvrir de nouveaux!
Lire Ian Rankin, c'est être sûre de rester indisponible pendant au moins 2 jours, plongée dans un autre monde. C'est à dire : Edinburgh, en juillet 2005, pendant le sommet du G8, alors que l'on attend l'attribution des JO et que des bombes explosent à Londres. Rebus est égal à lui-même , un peu plus proche de la retraite, un peu plus bougon, toujours plus indépendant et décidé à ne pas se laisser marcher sur les pieds. Rebus ( et Rankin ?) est bien plus mordant que d'habitude, énervé sans doute par l'engouement médiatique, les magouilles politiciennes, le charity business qui se déploient autour de lui. Et Siobhan, elle, prend de plus en plus de place, elle s'affirme et se retrouve à faire des choix rebusiens , elle aussi.
Kathel l'a lu et apprécié...
D'autres Rebus sur ce blog : cf index : La colline des chagrins, Ainsi saigne-t'il, Du fond des ténèbres, Le jardin des pendus.
Il y avait le choix quant aux photos tant , pour une fois, Rebus et Siobhan voyagent dans cet opus : Edinburgh, Loch Lomond, Gleneagles (là, j'avoue, je n'ai pas eu les moyens de me payer ne serait-ce qu'une nuit à Gleneagles), les Borders, mais j'ai préféré Stirling , petit village universitaire plein de charme à très haute teneur historique ( William Wallace, Robert the Bruce )
20 août 2009
La pluie, avant qu'elle tombe, Jonathan COE
Présentation de l'éditeur (Gallimard)
Rosamond vient de mourir, mais sa voix résonne encore, dans une confession enregistrée, adressée à la mystérieuse Imogen. S'appuyant sur vingt photos soigneusement choisies, elle laisse libre cours à ses souvenirs et raconte, des années quarante à aujourd'hui, l'histoire de trois générations de femmes, liées par le désir, l'enfance perdue et quelques lieux magiques. Et de son récit douloureux et intense naît une question, lancinante : y a-t-il une logique qui préside à ces existences ? Tout Jonathan Coe est là : la virtuosité de la construction, le don d'inscrire l'intime dans l'Histoire, l'obsession des coïncidences et des échos qui font osciller nos vies entre hasard et destin.
Non, non, non, je ne vous parlerai pas de Mario Conde dans ce billet, c'est décidé... Pour cela, pas un mot sur Laidlaw de McIlvanney , mais Jonathan Coe pour vous servir.
Petite déception... Comme le souligne Sentinelle (qui a aimé), ce livre est très différent de ceux que j'ai pu lire auparavant. En effet , Jonathan Coe ne reprend pas ce que j'adore chez lui, les petites histoires embriquées dans la Grande, la satire politique teintée d'humour féroce. Il lui reste quand même ce sens de l'intrigue , avec une narration toujours très originale, plus dépouillée (pas de sous-intrigues à rebondissement) qui donne envie de tourner les pages, sans réelle passion cette fois-ci. Ce roman n'a pas su suscité d'émotions alors qu'il en est plein, il m'a finalement laissé assez indifférente.
28 juillet 2009
Noirs Tatouages , Val McDermid
Présentation de l'éditeur J'ai Lu
Cet été-là, il a plu comme rarement à au Lake District et la tourbière a livré son secret : un cadavre sans âge, couvert de tatouages. Jane Gresham, spécialiste du poète William Wordsworth, pense aussitôt à une légende locale : Fletcher Christian, le chef des mutins du Bounty, a fui Pitcairn pour regagner clandestinement l'Angleterre. Et son vieil ami Wordsworth a transformé son récit en poème épique. Persuadée que le précieux manuscrit se trouve chez un descendant du poète, Jane enquête. Mais, comme dans toutes les chasses au trésor, les convoitises s'éveillent, et les cadavres s'accumulent.
Comme dans Adios Hemingway de Padura, un auteur célèbre (et mort) est mêlé à une histoire de meutre dans le présent. Deux époques co-existent alors : l'enquête menée , ici, par une universitaire spécialiste de Wordsworth, et des lettres de Wordsworth qui nous en apprennent plus sur le fond de l'enquête. C'est vraiment le même schéma dans les deux romans. Il faut cependant avouer que les personnages sont moins fouillés que dans Adios H. Jane n'a pas le charisme de Mario Conde, c'est certain ;). Cependant , c'est un polar plaisant à lire, avec un twist final assez inattendu. Je me suis bien faite avoir!
Je tiens à remercier tout particulièrement la traduction grâce à qui je me suis replongée dans mes grammaires et dictionnaires de français (cf commentaire de l'article précédent). S'il fallait ne citer qu'un exemple, l'adjectif 'forensique' est employé très naturellement par le traducteur. J'ai donc cherché dans mon dictionnaire : rien... Si quelqu'un est sûr que ce mot existe en français, qu'il me fasse signe!
Enfin, un roman dans un cadre aussi majusteux et troublant que le Lake District, terre de poésie, s'il en est, ça ne se refuse pas pendant les vacances. Comme l'ont dit de grandes Scottish philosophes du XXIe siècle en vacances dans le coin, "dans une région comme ça, c'est facile d'écrire de la poésie". Je vous ferais grâce de leurs exploits poétiques , par modestie, je vous laisse avec Wordsworth...
I wandered lonely as a cloud
That floats on high o'er vales and hills,
When all at once I saw a crowd,
A host, of golden daffodils;
Beside the lake, beneath the trees,
Fluttering and dancing in the breeze.
Continuous as the stars that shine
And twinkle on the milky way,
They stretched in never-ending line
Along the margin of a bay:
Ten thousand saw I at a glance,
Tossing their heads in sprightly dance.
The waves beside them danced, but they
Out-did the sparkling leaves in glee;
A poet could not be but gay,
In such a jocund company!
I gazed—and gazed—but little thought
What wealth the show to me had brought:
For oft, when on my couch I lie
In vacant or in pensive mood,
They flash upon that inward eye
Which is the bliss of solitude;
And then my heart with pleasure fills,
And dances with the daffodils.
Source : http://www.poetry-online.org/wordsworth_daffodils.htm
21 juillet 2009
Porno , Irvine Welsh
Présentation de l'éditeur (Points)
Retour à la case départ. Après des années de galère, Renton, Begbie, Sick Boy et Spud se retrouvent dans le huis clos froid et pluvieux d'Édimbourg. Le crack, la misère et les coups foireux sont au rendez-vous, mais la rage de vivre demeure. Avec Nikki, une étudiante invraisemblablement belle et hantée par l'idée de vieillir, ils décident de s'en sortir en produisant... le porno du siècle !
A l'heure où certain(e)s dans la blogoboule ne rêvent que d'Harlequin, je me sens un peu à l'écart mais après tout , assumons le trash! Dans ce livre aussi , il y a des hommes riches et puissants (ou du moins qui s'y croient avec un peu de coke) , de beaux abdos écossais (sous le bide de bière), des jeunes damoiselles douces , fragiles mais brûlantes à l'intérieur (surtout brûlantes à l'intérieur)...
C'est donc le "10 ans après" de Trainspotting. Si vous l'avez lu, on en retrouve tous les bons ingrédients dont la narration à plusieurs voix qui rend tellement bien le foutage de g****, le désespoir, la mesquinerie, bref, le délire de tous ces personnages cultes: Begbie-le-taré, Spud , le brave type de la bande, Renton, doux vicieux, Sick Boy alias Simon David Williamson, au sommet de la mégalo-paranoïa. Je ne saurais pas dire s'il est mieux ou moins bien mais c'est toujours allright, pal! Si "j'adore" suffisait , c'est tout ce j'écrirais.
Sur un plan personnel, comprendre les allusions , les références , savoir situer les endroits , c'est absolument jouissif. Point négatif , je l'ai lu en français (parce que c'est la version que j'avais à la bibliothèque) mais j'imagine très bien que la version "accent écossais" included doit être l'extase.
Comme ils disent de la plus sexy des manières possibles , à se faire pâmer les Harlequinettes, "See you later , luv'"
Robert Burns is definitely too cool for school!
( La preuve en image qu'Edinburgh n'est pas que froid et pluvieux ;) Je vais essayer de trouver des livres se passant aux endroits que j'ai eu le bonheur de visiter, histoire de prolonger le voyage. Des idées de livres se passant à Newcastle?)
(comme pour Belfast , vous pouvez agrandir les montages en cliquant dessus)
09 juillet 2009
Eureka Street , Robert McLiam Wilson
Quatrième de couverture (10/18)
L'auteur de "Ripley Bogle" nous entraîne à Belfast, sa ville natale, pour un roman foisonnant, à la fois tragique et hilarant. Qu'a donc trouvé Chuckie Lurgan, gros protestant picoleur et pauvre, qui à trente ans vit toujours avec sa mère dans une maisonnette d'Eureka Street ? Une célébrité cocasse et quelques astuces légales mais immorales pour devenir riche. Que cherche donc son ami catholique Jake Jackson, orphelin mélancolique, ancien dur et coeur d'artichaut ? Le moyen de survivre et d'aimer dans une ville livrée à la violence terroriste aveugle. Et qu'a donc trouvé Peggy, la mère quinquagénaire de Chuckie ? Le bonheur, tout simplement, grâce à une forme d'amour prohibée, donc scandaleuse dans son quartier protestant. Et, pendant ce temps-là, un inconnu couvre les murs de Belfast d'un mystérieux graffiti : OTG, écrit-il, OTG.
J'ai envie de relire des livres qui m'ont vraiment marquée ces temps-ci. Premier de la liste : Eureka Street. Heureuse constatation : il est toujours aussi jubilatoire.
A travers une bande de potes très attachante, on découvre Belfast par ces 2 facettes , catholique et protestante. Le plus impressionnant , c'est que McLiam Wilson le fait avec humour, parfois émotion mais toujours avec justesse et équilibre. La bonhommie, la débrouillardise , la rudesse, les soirées au pub, l'amour n'en font pas pour autant oublier les attentats, ni les rancunes tenaces. Il réussit à donner du charme à Belfast, ce qui n'est pas gagné quand on visite cette ville très particulière.
Si le sujet vous intéresse , voici un lien sur le Belfast littéraire avec des idées de titres et d'auteurs nord-irlandais.
09 mars 2009
Impasse de la perversion (The cutting room)- Louise Welsh
Présentation de l'éditeur (Le Livre de poche)
" Elle est étendue, légèrement sur le côté droit, vers l'objectif. Son torse est ligoté avec une corde. Je n'ai jamais vu de corps si blanc, mais je distingue ses traits tordus, épouvantés. " Rilke vient de découvrir une collection de photos érotiques de la fin des années 1940. D'où viennent-elles ? De quel trafic sordide sont-elles le fruit ? Une plongée passionnante dans le Glasgow clandestin des boîtes, clubs et salles de vente surchauffés, au milieu d'une galerie de portraits de marginaux et collectionneurs fous.
Il était enfin temps que je vous présente un auteur écossais ;) Je commence avec un polar , qui se déroule dans le West End de Glasgow (dans mon quartier). Une plongée dans la perversité, ça pourrait être vraiment caricatural, vraiment cru, vulgaire mais il n'en est rien (ou alors très peu).
C'est un polar prenant, sans cliffhangers ou suspense inutile (j'ai eu peur à la fin du premier chapitre mais c'est le seul). Il faut être attentif au moindre détail , sinon la révélation finale risque de tomber à l'eau , ce qui a été quasiment mon cas, vu mon état de concentration du moment. C'est un personnage principal atypique, qui aime et recherche les embrouilles tout en gardant une certaine distance. C'est macabre , ça glace le sang parfois , c'est aussi une galerie de portraits hauts en couleur , pathétiques ou franchement antipathiques.
01 février 2009
North & South - Elizabeth GASKELL
Présentation de l'éditeur (amazon)
C'est le choc de deux Angleterre que le roman nous invite à découvrir : le Sud, paisible, rural et conservateur, et le Nord, industriel, énergique et âpre. Entre les deux, la figure de l'héroïne, la jeune et belle Margaret Hale. Après un long séjour à Londres chez sa tante, elle regagne le presbytère familial dans un village du sud de l'Angleterre. Peu après son retour, son père renonce à l'Eglise et déracine sa famille pour s'installer dans une ville du Nord. Margaret va devoir s'adapter à une nouvelle vie en découvrant le monde industriel avec ses grèves, sa brutalité et sa cruauté. Sa conscience sociale s'éveille à travers les liens qu'elle tisse avec certains ouvriers des filatures locales, et les rapports difficiles qui l'opposent à leur patron, John Thornton. En même temps qu'un étonnant portrait de femme dans l'Angleterre du milieu du XIXe siècle, Elizabeth Gaskell brosse ici une de ces larges fresques dont les romanciers victoriens ont le secret.
Mon premier coup de coeur de l'année !
Tout d'abord , sachez qu'Isil ne m'a pas rendue la tâche facile avec un billet complet vers lequel je vous renvoie. Je ne peux pas résister non plus à vous mettre un lien vers l'excellent billet de Clarabel!
Il y a incontestablement une certaine ressemblance entre Nord et Sud et Orgueil et Préjugés : Margaret Hale est une jeune fille du Sud, accomplie , plutôt pauvre mais fière de son éducation et ancrée dans ses valeurs. Lorsqu'elle doit monter au Nord , dans une sombre ville industrielle , plombée par les fumées noires des usines, c'est le drame ;) Elle doit surmonter ses a-priori contre ceux qu'elle voit comme des manufacturiers avides d'argent qui maltraitent leurs ouvriers. Elle rencontre (pour mon immense bonheur) un industriel dur , intransigeant mais ... diablement sexy qui va l'initier à ce monde hostile en apparence! Il n'y a pas d'autres mots, pour cela Richard Armitage est parfait dans ce rôle. Il a ce côté sombre qu'on lui imagine , cette voix grave et sensuelle , cette rigueur et ce coeur d'or... C'est une des grandes différences que j'ai trouvées avec O&P , dès le début , quand John Thornton entre en scène (livre ou série) , il y a une vraie tension amoureuse qui s'installe.
L'autre vraie différence , c'est le côté industriel. Ce roman décrit très bien les deux mondes qui co-existaient au 19e siècle en Angleterre , le sud des élites terriennes, agricole et anglican où l'on vivait comme on avait toujours vécu vs. le nord en pleine industrialisation, bourgeois , non-conformiste , où une nouvelle façon de vivre voyait le jour. Le monde rural contre le monde des ouvriers... C'est absolument passionant , d'autant plus que tous les points de vue sont exprimés : celui de l'ouvrier par la voix de Bess et d'Higgins (excellent acteur dans la série) et du patron par Thornton. Gaskell nous donne à voir avec précision (mais sans longues descriptions ennuyeuses) la vie à l'usine, la vie dans les quartiers ouvriers, les premiers jours du syndicalisme mais aussi l'esprit d'entreprise des patrons , la mise en place du capitalisme et des banques... Bref , toutes ces choses que j'avais étudiées pour la révolution industrielle , qui apparaissent là en contexte.
A lire et à voir , merci de tout coeur Fashion ;)
08 janvier 2009
La maison du sommeil - Jonathan Coe
Quatrième de couverture (folio)
De bien curieux événements se déroulent à Ashdown, inquiétante demeure perchée sur une falaise des côtes anglaises. Naguère, c'était une résidence universitaire, où se sont croisés Sarah la narcoleptique, Gregory le manipulateur, Veronica la passionnée, Robert l'amoureux transi, Terry le cinéphile fou. Leurs destins ont divergé, mais les spectres du passé continuent de hanter Ashdown, devenue une clinique où le sinistre docteur Dudden se livre à de monstrueuses expériences sur les troubles du sommeil. Par quelles mystérieuses coïncidences tous les personnages vont-ils s'y retrouver ? Et quelles transformations vont-ils subir ? Une fresque foisonnante et rigoureuse où l'illusion amoureuse va jusqu'à l'extrême limite de sa réalisation, et où la vérité sort toujours des rêves.
Il n'y a pas grand chose d'autre à faire que de s'incliner devant la talent de M. Coe. Quel merveilleux écrivain! Si Testament à l'anglaise vous fait peur, La maison du sommeil (plus court) est idéale pour le découvrir.
Encore une fois, ce roman brille par son originalité. Construit sur le même principe : climat étrange, alternance entre passé et présent, même époque (fin de l'ère Thatcher), il se lit presque comme un thriller. Ce n'est pas la politique qui est analysée sous toutes ses coutures mais le cerveau : sommeil , psychanalyse, rêves. On retrouve des personnages ou des attitudes communes aux deux livres : une passion dévorante pour le cinéma par exemple. 4 phases de sommeil, c'est le temps qu'il faut pour dévider toute la pelote d'intrigues et sous-intrigues, toutes aussi palpitantes les unes que les autres.
Son dernier livre vient d'être traduit : La Pluie avant qu'elle tombe!





