13 juillet 2008
Requiem pour un paysan espagnol - Ramon Sender

Résumé (Babel)
Pourquoi, lisant le Requiem pour un paysan espagnol de Ramón Sender, est-on saisi par la même fièvre qu’à la lecture de L’Ami retrouvé de Fred Uhlman, de L’Accompagnatrice de Nina Berberova ou du Fusil de chasse de Yasushi Inoué — pour ne citer que trois de ces récits dont on sait, à peine les a-t-on découverts, qu’ils demeureront à jamais gravés dans la mémoire ? La réponse tient en partie au moins, je crois, dans le double jeu de l’ellipse et de l’implicite, dans l’art, infiniment périlleux, de presque tout dire en disant peu. Avec son Requiem, Ramón Sender fournit en tout cas une illustration parfaite. Ce qu’il donne à voir, à entendre, à comprendre là, c’est la dramaturgie de la guerre civile espagnole dans la société paysanne, alors même que cette guerre demeure pratiquement innommée — ce qui, déjà, en fait entrevoir le caractère innommable.
Un curé se souvient d'un jeune homme fusillé, à l'occasion du requiem donné un an après sa mort, lui qui était à l'origine de son engagement politique.
Je n'aime vraiment pas trop (euphémisme) les nouvelles ou les petits romans ... Celui-ci est l'exception qui confirme la règle. En effet, peu de mots suffisent à l'auteur pour rendre palpable la guerre civile espagnole et le dilemme dans lequel est englué ce curé entre idéal, trahison et lacheté ordinaire. Ce sont des thèmes que l'on retrouve également dans le Labyrinthe de Pan.
Poignant! Autant de complexité et d'émotions en 112 pages, c'est réellement un coup de maître. Pour une fois , le résumé ne ment pas : c'est un roman absolument marquant.
Un extrait là ; Yvon détaille un peu plus l'intrigue.

