Mes Betty's

My wee blog!

25 juillet 2008

Terres noires, terres blanches / Andrew McGAHAN

mcgahanPrésentation de l'éditeur (Actes Sud)
William, dix ans, vient de perdre son père dans l'embrasement d'un champ de blé. Un vieil oncle leur propose, à lui et sa mère en permanence sous antidépresseurs, de venir habiter une demeure décrépite : Kuran Station. John McIvor n'agit pas ainsi par compassion mais cherche à transmettre sa passion, sa folie pour le lieu, veut à tout prix un héritier auquel offrir domaine et savoir. William, au début perdu dans ces murs sans vie, entourés par la brousse, va se laisser impressionner, entendre le discours qui lui parle d'âme de la terre, d'amour pour un paysage, de défense des intérêts des fermiers blancs contre une loi qui doit permettre aux Aborigènes de récupérer des droits de propriété. D'étranges hallucinations hantent William... Fantômes ? réalité ? Et voilà que resurgit Ruth, la fille bannie de John McIvor, qui elle aussi va totalement perturber le jeune William, tandis qu'une bizarre odeur de pourriture plane... Construit sur un superbe balancement entre passé et présent, gagnant en puissance et en chaleur insoutenable,  plus qu'une saga familiale, Andrew McGahan a su faire un récit politisé, très contemporain, un récit halluciné aussi avec ses créatures terrifiantes rôdant dans la brousse.

Un roman difficile , aride, embrasé comme les plaines qu'il décrit.

Comme beaucoup de sagas, Terres noires, Terres blanches commence lentement pour finir en boulet de canon.  L'auteur prend son temps pour installer "le" personnage principal : Kuran (le domaine), objet de toutes les convoitises humaines. Ceux qui apprécient les descriptions de décors somptueux seront servis, dans un premier temps au moins! On alterne entre la vision historique de l'oncle, biaisée par son nationalisme, celle fantasmagorique de l'enfant et celle revencharde de Ruth.  C'est comme si un piège s'était refermé sur moi, puisant dans tous les ingrédients d'une bonne saga pour m'empêcher de dormir avant d'avoir su le fin mot de toutes ses sombres histoires qui entourent la possession du domaine...

C'est une manière de découvrir l'Australie sous un autre angle, plus politique.  A qui appartient cette terre? Comment organiser le 'pardon' et rétablir les droits de chacun? On reconstitue petit bout par petit bout l'histoire de ce territoire : aborigène , colonisé, abandonné, repris en main, puis réclamé par l'intermédiaire des nouvelles lois de "réparation".

Sur le forum des Rats de bibliothèque.
Un polar du même auteur : Derniers verres chez Le blog des Livres dont la conclusion  s'applique aussi pour Terres noires, Terres blanches.

Posté par tibets à 06:41 - AUSTRALIE - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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27 février 2008

Tueur d'Aborigènes - Philip McLAREN (polar)

taPrésentation de l'éditeur (Folio policier)
Soucieux d'être politiquement correct envers ses minorités, l'Etat australien crée, contre l'avis de ses propres forces de police, une " brigade aborigène ".
Elle se compose, pour cette immense nation plus grande que l'Europe, d'un homme et d'une femme. Le premier, Gary, est devenu flic, lui qui fut victime, pendant sa jeunesse, du racisme des Blancs. La seconde, Lisa, a été littéralement arrachée des bras de sa mère à l'âge de cinq ans pour être placée dans un institut légal dirigé par des sœurs. Ces deux-là s'en sont sortis. Ils sont brillants, jeunes, habitués au combat. La découverte à Sydney, pour leur première enquête, du corps détrempé d'une jeune abo sonne pour eux le début d'une traque effrayante. Ce qu'ils vont découvrir, au fil des meurtres, n'est rien moins que l'histoire récente d'une île millénaire.

Il me semble que ce polar vaut surtout pour sa description de la condition aborigène. Lisa est elle-même une enfant de la stolen generation , ces enfants que l'on a arrachés à leurs familles pour les 'civiliser' & les faire travailler dans des fermes. Ca a fait l'actualité il n'y a pas si longtemps.

Philip McLaren , Aborigène lui-même , crée un polar militant , dénonçant les mauvais traitements anciens mais également récents : à l'hopital , à l'école , face à la police...

L'enquête est également bien ficelée : chapitres courts et rythmés , suspense , rebondissement , assez violent par moment... Comme dans Mankell , on suit en parallèle , le point de vue du tueur et des policiers.

Merci Chimère : un très bon choix...

Aussi Chaperlipopette , Polar Noir pas convaincu

Posté par tibets à 08:06 - AUSTRALIE - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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