Mes Betty's

Des livres et des bêtises

19 juillet 2008

Black Betty - Walter MOSLEY (polar noir)

bb Résumé (Points)
Dans le Los Angeles des années 60, la communauté noire se nourrit des espoirs suscités par Martin Luther King et la présidence de Kennedy. Mais pour Elizabeth Eady, Vénus noire adulée de tous mais exploitée depuis 25 ans par de riches propriétaires blancs, la situation n'a guère changé. Et lorsqu'elle disparaît, c'est au privé Easy Rawlins de la retrouver, même si ça ne l'enchante guère. Rawlins va donc plonger dans les bas-fonds et les ghettos de la ville, en quête de la sensuelle Black Betty, qui a perdu son auréole de pureté depuis longtemps, et qui sème aujourd'hui des cadavres derrière elle.
Une nouvelle enquête d'Easy Rawlins le personnage d' Une mort en rouge, Le Diable en robe bleue, et Papillon blanc, qui reprend ici du service. Un retour aux affaires qui ne réjouit pas tout le monde...

C'est le polar américain par excellence, mythique presque. D'ailleurs, il se passe dans les années 60. On imagine très bien Los Angeles, les vieilles voitures, les femmes fatales, les flingues qui sortent de partout, et Easy (Ezechiel) Rawlins menant son enquête dans les quartiers louches tout en se promettant inlassablement de revenir à sa petite vie de famille dès que tout sera terminé.

Seulement Easy n'est pas le privé que l'on voit dans les vieux films : il est noir et c'est plutôt un problème en 1961. Il a quitté son Sud natal mais continue, la haine au ventre, à la jouer profil bas dans les quartiers huppés de Beverly Hills. "Qu'advient-il de nos chaines quand nous redevenons des hommes libres?" Cependant, Martin Luker King commence à se faire connaitre, certaines attitudes commencent à changer...  "corrosif" Ó Pelecanos est le bon mot : un ton légèrement détaché qui va tellement bien avec l'atmosphère que l'on imagine...

Bref , un polar américain dans la grande tradition : lecture plaisir!

Lu pour le Challenge Le nom de la Rose.

Posté par tibets à 06:47 - Etats-unis - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 juillet 2008

L'immeuble Yacoubian - Alaa EL ASWANY

immeublPrésentation de l'éditeur (Actes Sud)
Construit en plein cœur du Caire dans les années 1930, vestige d'une splendeur révolue, l'immeuble Yacoubian constitue un creuset socioculturel très représentatif de l'Egypte du XXIe siècle naissant. Dans son escalier se croisent ou s'ignorent Taha, le fils du concierge, qui rêve de devenir policier ; Hatem, le journaliste homosexuel ; le vieil aristocrate Zaki, perdu dans ses souvenirs ; Azzam, l'affairiste louche aussi bigot que lubrique ; la belle et pauvre Boussaïna, qui voudrait travailler sans avoir à subir la convoitise d'un patron... Témoin d'une époque, Alaa El Aswany pose, sans juger, un regard tendre sur des personnages qui se débattent tous, riches et pauvres, bons et méchants, dans le même piège.

Il me semble que beaucoup d'entre vous ont lu l'Immeuble Yacoubian ( Florinette , Flo, In Cold Blog, Gangoueus ) et l'ont aimé. Je ne rajoute qu'un avis positif même si ce n'est pas un coup de coeur. J'ai un peu de mal à écrire quelque chose de neuf! C'est comme ça quand on lit des romans très commentés. Son succès est néanmoins mérité.

C'est une sorte de 'roman choral' : toute une série de personnages, plus ou moins sympathiques se croisent dans cet immeuble sans parfois même se connaitre. El Aswany dresse une galerie de portraits très éclectiques : de l'aristocrate déchu au fils de domestique humilié. Il passe ainsi en revue les nombreux maux qui touchent la société égyptienne : corruption, absence de démocratie, prostitution, terrorisme, nostalgie d'un passé glorieux... Cela lui permet aussi de jouer sur toute une palette d'émotions : l'horreur quand Taha est torturé ou la jeune femme avortée de force, l'indignation, le cynisme, la joie ...

Un avis négatif : Bouquin

Souvenir de la page 123
Quelqu'un lui demanderait le métier de son père. Que dirait-il alors? Il fut ensuite obsédé par l'idée lancinante que l'un des étudiants assis dans l'amphithéâtre était peut-être le fils d'un des habitants de l'immeuble et que peut-être, un jour, Taha lui avait acheté un paquet de cigarette ou avait lavé sa voiture.

Posté par tibets à 06:09 - Egypte - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 juillet 2008

Requiem pour un paysan espagnol - Ramon Sender

requi

Résumé (Babel)
Pourquoi, lisant le Requiem pour un paysan espagnol de Ramón Sender, est-on saisi par la même fièvre qu’à la lecture de L’Ami retrouvé de Fred Uhlman, de L’Accompagnatrice de Nina Berberova ou du Fusil de chasse de Yasushi Inoué — pour ne citer que trois de ces récits dont on sait, à peine les a-t-on découverts, qu’ils demeureront à jamais gravés dans la mémoire ?  La réponse tient en partie au moins, je crois, dans le double jeu de l’ellipse et de l’implicite, dans l’art, infiniment périlleux, de presque tout dire en disant peu. Avec son Requiem, Ramón Sender fournit en tout cas une illustration parfaite. Ce qu’il donne à voir, à entendre, à comprendre là, c’est la dramaturgie de la guerre civile espagnole dans la société paysanne, alors même que cette guerre demeure pratiquement innommée — ce qui, déjà, en fait entrevoir le caractère innommable.

Un curé se souvient d'un jeune homme fusillé, à l'occasion du requiem donné un an après sa mort, lui qui était à l'origine de son engagement politique.

Je n'aime vraiment pas trop (euphémisme) les nouvelles ou les petits romans ... Celui-ci est l'exception qui confirme la règle. En effet,  peu de mots suffisent à l'auteur pour rendre palpable la guerre civile espagnole et le dilemme dans lequel est englué ce curé entre idéal, trahison et lacheté ordinaire. Ce sont des thèmes que l'on retrouve également dans le Labyrinthe de Pan.

Poignant! Autant de complexité et d'émotions en 112 pages, c'est réellement un coup de maître. Pour une fois , le résumé ne ment pas : c'est un roman absolument marquant.

Un extrait ; Yvon détaille un peu plus l'intrigue.

Posté par tibets à 06:31 - Espagne - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 juillet 2008

Le Labyrinthe de Pan

labypanFANTASTIQUE de GUILLERMO DEL TORO- 2006 - 1H52 - Interdit -12ans
avec SERGI LOPEZ, MARIBEL VERDU, IVANA BAQUERO, DOUG JONES

Espagne, 1944. Carmen, récemment remariée, s'installe avec sa fille Ofélia chez son nouvel époux, le très autoritaire Vidal, capitaine de l'armée franquiste. La jeune Ofélia vit mal le remariage de sa mère. Un jour, elle découvre un mystérieux labyrinthe. Pan, le gardien des lieux, une étrange créature magique, lui révèle qu'elle n'est autre que la princesse disparue d'un royaume enchanté. Afin de découvrir la vérité, Ofélia devra accomplir trois dangereuses épreuves...

Je croyais que c'était un film "qui fait peur", allez savoir pourquoi (en même temps recommandé par Jenn et Laure ;) ... . Pas du tout! C'est un très beau film, très sombre, autant le thème que l'image d'ailleurs, l'affiche vous donne le ton.

L'histoire se passe en 44, dans l'Espagne franquiste, où l'armée traque les résistants. Ofélia tente d'échapper à cette lutte sans merci en s'immergeant dans un monde féerique, peuplé de créatures étranges. Elle rencontre (ou imagine rencontrer, c'est à vous de décider) une fée et un Faune , chargés de faire passer à cette princesse en exil trois épreuves à l'issue desquelles elle pourra retrouver son Royaume et ses Parents. Ces épreuves sont celles des contes de fées, elles font doucement frémir comparées à l'horreur de la repression, de la peur quotidienne et de la torture.

Historique et fantastique s'entremèlent à merveille , même pour ceux qui ne sont pas amateur du deuxième genre (moi, au hasard).  "Guillermo avait un trac incroyable. Il était fier de son film, mais s'inquiétait des réactions du public,   craignait que les spectateurs n'entrent pas dans son univers noir et féérique". (interview de Sergi Lopez méconnaissable dans ce film). Qu'il soit rassuré!

Laure en a parlé! Merci Jenn ;) 

ps: Le prochain billet chronique un roman (sublime) Requiem pour un paysan espagnol de Ramon J. Sender , qui traite aussi de la guerre civile.

Posté par tibets à 06:38 - *Cinéma - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 juillet 2008

Cormac McCarthy

600px_Cormac_mccarthy_promoNé le 20 juillet 1933 à Providence (USA).

C'est un auteur & dramaturge américain qui vit au Nouveau Mexique (à ne pas confondre avec son homonyme qui est, lui, musicien). Il aime sa campagne , qu'il quitte rarement , donnant peu d'interview. La dernière en date est celle-ci.
C'est dans ce Sud-Ouest américain entre Texas, Nouveau Mexique et Mexique que se situe la majorité de ces romans. Ils prennent souvent la forme de western (La triologie des confins) avec un grand respect pour l'histoire et la narration. De si jolis chevaux (1er tome) est un roman initiatique, aride, violent : parce  que les choix de l'Amérique moderne condamnent leurs rêves d'aventure, John Grady Cole et Lacey Rawlins quittent le Texas et chevauchent vers le Mexique. Ils iront vivre ailleurs, au royaume des chevaux, pour célébrer avec une nature intacte des noces éternelles. Violente, tourmentée, traversée d'aveuglants moments de bonheur, leur odyssée se transforme pourtant en descente aux enfers. Intransigeant, visionnaire, ce roman bouscule les espoirs et les repères d'une condition humaine à jamais prisonnière de ses passions dans l'indifférence de l'univers. De si jolis chevaux a remporté, en 1992, le National Book Award ; un film en a été tiré avec Penelope Cruz et Matt Damon.

Preuve de cette violence, de ce pessimisme , Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme (qui a trouvé cette traduction?.!!?)(No country for old men) que vous avez peut-être vu au cinéma : A la frontière du Texas, Moss découvre un carnage : un homme à moitié mort, d'autres déjà froids, des armes, de l'héroïne et deux millions de dollars. La tentation est trop forte. Mais on ne vole pas impunément des narco trafiquants. Moss devient l'objet d'une impitoyable chasse à l'homme. A ses trousses, un vieux shérif et un tueur psychopathe de la pire espèce...

Il perpétue une vieille tradition littéraire : le 'Gothique du Sud' que l'on retrouve chez Faulkner ou Carson McCullers. Il s'agit en fait d'utiliser le Gothique pour décrire la réalité sociale & culturelle du Sud des Etats-Unis sans être moralisateur, par exemple faire vivre des archétypes sudistes dans le monde moderne. Suttree en est un exemple  : Ample odyssée de la précarité et de la misère, ce livre raconte la descente aux enfers - et la " renaissance " - d'un déclassé, Cornelius Suttree, sur les berges de la rivière Tennessee, dans les années cinquante. Suttree résonne de toutes les voix, pathétiques, tendres et burlesques, des laissés-pour-compte de la société américaine vers lesquels le héros entame son voyage au bout de la compassion et de l'amour. Paru aux Etats-Unis en 1979, initiatique et ambulatoire à la manière de l'Ulysse de Joyce, ce roman, qui donne à voir dans une lumière brute, extraordinairement exacte, les traits ou les couleurs du monde urbain et naturel, est tout entier traversé par la violence du message qu'adressent sans trêve, au corps et à l'âme des hommes, la plénitude et la douleur du monde.

Son site (en anglais)

J'ai lu De si jolis cheveaux (All The Pretty Horses), je me propose de lire La route (Prix Pulitzer 2007).

infos et photo : wikipedia , cours de litté us , les rats de biblio , amazon pour les résumés.

Posté par tibets à 06:51 - *Celebrate the author - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 juillet 2008

Haka - Caryl FEREY (polar noir)

hakaPrésentation de l'éditeur (folio policier)
D'origine maorie, Jack Fitzgerald est entré dans la police d'Auckland après que sa fille et sa femme eurent mystérieusement disparu sur l'île du Sud, en Nouvelle-Zélande. Pas la moindre trace. Juste la voiture retrouvée vide et le souvenir d'un dernier geste de la main, d'un sourire radieux...
Vingt-cinq années ont passé. Jack est devenu un solitaire rapide à la détente, un impitoyable incorruptible "en désespoir stationnaire". La découverte sur une plage du cadavre d'une jeune femme au sexe scalpé ravive l'enfer des supputations et des hypothèses exacerbées par le chagrin. Secondée par une jeune et brillante criminologue, Jack, devant les meurtres qui s'accumulent, mènera l'enquête jusqu'au chaos final
...

Alors , avant de commencer , une petite précision s'impose : âmes sensibles s'abstenir! Ce polar est du genre violent , sanglant et dérangeant par certains aspects.

Mais il est excellent !  Un policier solitaire, que l'éthique n'étouffe pas, accompagné d'une jolie équipière tentent de retrouver un tueur en série maori. Comme Caryl Férey a l'art et le talent d'éviter les clichés, c'est gagné. L'intrigue est plus que haletante et indécise. En passant, je me suis bien faite mener en bateau. Puis tout sombre dans un effroyable carnage où tous les mystères sont enfin revélés.

allblacks_1182914724Le dépaysement vient du contexte , comme souvent dans les policiers. Et quoi de plus dépaysant que la Nouvelle-Zélande, pays fascinant s'il en est! C'est parti pour une plongée dans les bas-fonds d'Auckland et les îles du Pacifique (pas si) paradisiaques, sans oublier la pincée de culture maori(e)! Comment ne pas succomber!

Sur pol'art noir et par télépathie : kathel.
Caryl Ferey a publié une sorte de suite avec Osborne , un des lieutenants de Fitzgerald : UTU.
D'autres polars :  La jambe gauche de Joe Strummer  en Bretagne, Plutôt crever et son dernier en Afrique du Sud : ZULU.

ps : oui , je sais , ça , c'est cliché! Mais enfin.....! credits photo

Posté par tibets à 06:11 - France - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 juillet 2008

Eternel Féminin : le swap

resume_swap

Cela se passerait presque de commentaires! Pour mon dernier swap avant un bout de temps, j'ai été plus que gâtée... Ah plaisir du swap quand tu nous tiens! Comment vais-je m'en passer?

Détaillons un peu le contenu : du thé Earl Blue (comme du Earl Grey mais avec du jasmin & des bleuets) , du chocolat noir au quinoa , des petits gateaux à la noix de coco : voilà pour les douceurs consommables dont il ne reste à ce jour que le thé que je garde pour emporter ...
Une jolie boite à bijoux faite main !!! Absolument superbe!
Enfin , à lire et à écouter : le premier album de Feist qui est aussi bon que le deuxième dans un son différent et JC Oates (que je comptais commencer et puis , vous savez comment ça se passe , un petit passage à la bibliothèque , tant de tentations c'est indécent)... Le tout accompagné d'une carte de sa Méditerrannée et de marque-pages dont celui (oh joie) d'Indiana Jones qui fait son petit effet!
Donc vraiment, de tout coeur :

Il ne vous reste plus qu'à connaitre le nom de ma swappeuse :  Choupynette et celui de ma swappée qui n'est autre que la gentille organisatrice Anjelica que je remercie as well ... Retrouvez tous les colis sur :

swaef

Posté par tibets à 00:01 - *Swaps - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 juillet 2008

Le Royaume interdit - Rose TREMAIN

leroyRésumé 4e de couverture (Le Livre de Poche)
A six ans, tandis que l'Angleterre s'incline devant le roi George VI décédé, Mary Ward, fille d'un fermier du Suffolk, comprend que, malgré les apparences, elle n'est pas une petite fille. Dès lors, elle s'efforcera de devenir Martin, un garçon hardi, tendre et viril.
Au fil des années, nous la verrons poursuivre son rêve, du Suffolk à Londres, de l'Angleterre des Beatles à l'Amérique profonde. Rêve impossible ? Peut-être. Mais ceux qui l'entourent, de sa grand-mère, morte en planeur, à Walter, le garçon boucher qui veut devenir chanteur de country, ne sont-ils pas eux aussi à la recherche de leur royaume interdit ?

Un vrai coup de coeur pour cette histoire très attachante.

J'avais pris ce livre à cause du résumé et de sa ressemblance avec Middlesex de Jeffrey Eugenides que j'avais adoré. Un des points communs est  justement l'utilisation du symbole de  "Middlesex", ville des Etats-Unis et quartier de Londres où habitent Cal (chez Eugenides) et le chirurgien de Mary/Martin (chez Tremain). On peut faire de multiples comparaisons entre les deux même si Middlesex est infiniment plus complexe avec les thèmes mélés de l'hermaphrodisme , de l'immigration , du secret de famille et de l'Histoire. Pourtant Le Royaume Interdit , s'il n'est pas aussi foisonnant, ressemble lui aussi à une petite saga.  C'est  non seulement une histoire de transexualité, de recherche d'identité, de relations familiales tendues mais aussi une évocation des 30 Glorieuses où l'on voit l'Angleterre passer d'une société d'après-guerre rurale, paysanne à une société thatcherienne, industrialisée, citadine.

C'est le genre de livre qui commence doucement , on rencontre les différents protagonistes, on se fond dans cette ambiance un peu particulière (dans tous les sens du terme car tous les personnages ont leur grain de folie), puis sans s'en rendre compte , les pages défilent , et on est déjà au bout des 400 pages , complétement ensorcelée.

Lu pour le challenge abc : 6/26

Cuné l'a aussi aimé.

Posté par tibets à 06:10 - UK - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 juin 2008

L'oeuvre au noir - Marguerite YOURCENAR

oeuvrean

Quatrième de couverture (folio)
En créant le personnage de Zénon, alchimiste et médecin du XVIè siècle, Marguerite Yourcenar, l'auteur de Mémoires d'Hadrien, ne raconte pas seulement le destin tragique d'un homme extraordinaire. C'est toute une époque qui revit dans son infinie richesse, comme aussi dans son âcre et brutale réalité; un monde contrasté où s'affrontent le Moyen Age et la Renaissance, et où pointent déjà les temps modernes, monde dont Zénon est issu, mais dont peu à peu cet homme libre se dégage, et qui pour cette raison même finira par le broyer.

Mémoires d'Hadrien m'avait "subjuguée" (l'expression est de Gangoueus). Mon sentiment est beaucoup plus mitigé avec L'oeuvre au Noir.

Il y a 2 caps à passer pour terminer le livre : les chapitres 1 et 13 qui sont (rayez la mention inutile) denses et exigeants ; rébarbatifs. On pourrait faire encore une autre division : partie 1 d'un côté , parties 2 et 3 de l'autre. La première dresse le portrait du XVIe siècle : les guerres de religion , les Réformes protestantes & catholiques , les débuts de la Renaissance et de l'humanisme, les avancées scientifiques ... La première partie , bien qu'extrèmement intéressante pour décrire le contexte, m'a aussi laissé une impression bizarre car il est très peu question de Zénon et les personnages qui y sont développés ne sont pas repris par la suite. La deuxième se recentre sur Zénon, un scientifique de son époque : touche-à-tout et libre-penseur. Cette deuxième moitié du livre  plus proche des Mémoires d'Hadrien dans sa description très fine de l'homme et de ses pensées  m'a beaucoup plus passionnée que la première.

C'est évident à dire mais pas si simple à expliquer. Première raison : le style. L'utilisation d'un vocabulaire soutenu , rare parfois obscur  crée une atmosphère riche , "intelligente" mais  c'est de temps en temps lourd. Il m'est arrivé de me demander 1/qu'est-ce que ça veut dire, 2/ pourquoi a-t'elle utilisé ce mot-là à cet endroit-là et 3/pourquoi les noms propres n'ont pas leurs formes habituelles (oui, pourquoi Améric Vespuce et pas Amerigo Vespucci?). Cette impression disparait dans la deuxième partie, plus fluide.

Ne vous y trompez pas , malgré tout , j'ai apprécié mais nettement moins que les Mémoires d'Hadrien. Assez d'accord avec In Cold Blog pour qui "le plaisir est dans l'effort". Yourcenar est très choisie en lettre Y du challenge abc... MarcF par exemple avec qui j'étais d'accord avant la deuxième partie ou Canthilde qui préfère la première partie.

Un souvenir de la page 123 :
Martha portait les plateaux et les piles de linge mais s'arrangeait pour ne jamais entrer dans la chambre. On n'avait pas réussi à se procurer les service d'un médecin. La nuit qui suivit la mort de Salomé, Bénédicte, couchée près de sa cousine sentit à son tour les premières approches du mal.

Posté par tibets à 06:07 - France - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 juin 2008

Un Homme - Philip ROTH

unhomm Présentation de l'éditeur (Gallimard)
Un homme. Un homme parmi d'autres. Le destin du personnage de Philip Roth est retracé depuis sa première et terrible confrontation avec la mort sur les plages idylliques de son enfance jusque dans son vieil âge, quand le déchire la vision de la déchéance de ses contemporains et que ses propres maux physiques l'accablent. Entre-temps, publicitaire à succès dans une agence à New York, il aura connu épreuves familiales et satisfactions professionnelles. D'un premier mariage, il a eu deux fils qui le méprisent et, d'un second, une fille qui l'adore. Il est le frère bien-aimé d'un homme sympathique dont la santé vigoureuse lui inspire amertume et envie, et l'ex-mari de trois femmes, très différentes, qu'il a entraînées dans des mariages chaotiques. En fin de compte, c'est un homme qui est devenu ce qu'il ne voulait pas être. Ce roman puissant - le vingt-septième de Roth - prend pour territoire le corps humain. Il a pour sujet l'expérience qui nous est commune et nous terrifie tous.

On ne peut pas dire que je n'ai pas essayé! Je reconnais que Philip Roth écrit fort bien, qu'il développe des thèmes intéressants mais ... après 2 essais non concluants (La tâche et Un Homme), je crois que ce n'est pas vraiment mon style...

Tout commence pourtant bien, l'entrée par les anecdotes de cet homme, ses souvenirs d'enfance puis ses déboires conjuguaux est attirante. Philip Roth raconte un homme sans nom qui se voit vieillir et tomber de plus et plus fréquemment malade. Il se livre alors à ses souvenirs et nous renvoit ses reflexions sur la vie, la mort , l'amour , la religion...

Et là , c'est le drame * voix off d'M6*  une petite phrase dérègla la machine : " c'était à la jambe droite qu'on avait prélevé la veine qui avait servi à 4 de ses 5 greffes". Quand on pense que des descriptions horribles de cadavres dans les polars ne me font rien, c'est très bizarre qu'un petit bout de phrase comme ça me crispe mais c'est le cas. Suivent une trentaine de pages que l'on pourrait qualifier de 'tamalou'.  Ceux qui ont lus le livre vont certainement me trouver bêtasse parce que les descriptions des opérations, le traitement de la maladie, ce n'est franchement pas le fond, même si c'est assez présent. Toute cette partie médicale m'a fait complétement décrocher du livre.

Alors , je ne me suis pas ennuyée cette fois-ci mais finalement , ce n'est pas pour moi , enfin pour l'instant. Je ne desespère pas d'être touchée par Philip Roth, dans quelques années!

Ne vous en tenez pas à mon ressenti, beaucoup d'éloges sur la blogosphère : Biblioblog, Thom, Critiques Libres, Le blog des livres 

Posté par tibets à 06:56 - Etats-unis - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Page suivante »